LA STRATEGIE DU MENSONGE

Dans la lutte antitabac, il n'y a pas de demi-mesure. C'est ce que semblent penser les responsables de l'American Medical Association (AMA), qui viennent de consacrer un numéro de leur journal aux dissimulations et aux tromperies de deux fabricants de cigarettes.
En mai 1994, un inconnu qui désirait le rester adressa à Stanton Glantz, professeur de cardiologie à l'université de Californie, à San Francisco, un gros paquet contenant plus de 4000 pages de documents internes relatant les activités, sur une trentaine d'années, de deux grandes firmes de cigarettes : la BAT, britannique, deuxième producteur au monde, et sa branche américaine, la Brown and Williamson Tobacco Corporation (B&W). D'autres documents furent rendus public par le Congrès américain.
Digne du meilleur espionnage, il s'agissait au total de la plus importante contribution à la connaissance des méthodes employées par les fabricants de blondes et de brunes pour déjouer les réglementations limitant leur usage et lutter contre les groupes antitabac. Un an plus tard, Stanton Glantz et ses collaborateurs livrent dans la revue de l'Association Américaine de Médecine (AMA) l'analyse détaillée de ces documents. Les deux firmes ont constamment joué un double jeu : tout en ayant secrètement admis dans les années soixante, grâce à des études pharmacologiques internes, que la nicotine peut créer une dépendance physiologique et que la fumée du tabac est cancérigène, elles n'ont cessé de proclamer publiquement l'inverse en jouant sur l'absence, selon elles, de preuves scientifiques.
Aujourd'hui encore, l'industrie du tabac dans son ensemble, en France, la SEITA participant largement à ce mouvement, nie que le tabac soit dangereux pour la santé, malgré l'accumulation des études épidémiologiques et pharmacologiques le démontrant. Selon diverses sources (OMS, Nation Cancer Institute, etc.), la consommation de tabac est ainsi à l'origine de 3 millions de morts chaque année dans le monde. Constatant que certains de ceux qui parlent pour l'industrie du tabac dissimulent, déforment les faits et trompent les gens, les dirigeants de l'AMA relancent la croisade antitabac. Ils demandent, entre autres, que l'argent public ne soit pas versé aux organisations de recherche sur le cancer qui acceptent des subsides de l'industrie du tabac, que la vente des cigarettes soit réservée aux adultes et que les pouvoirs publics entament des actions en justice contre les fabricants pour recouvrer les milliards de dollars perdus en soins destinés aux victimes du tabac.
"La fumée du tabac a un effet pharmacologique sur l'organisme du fumeur" :
Le 14 avril 1994, le PDG de Philip Morris, William Campbell, prit la parole comme témoin devant le Congrès américain. Il expliqua entre autres. "La fumée de la cigarette ne provoque pas d'accoutumance". Les recherches effectuées par son entreprise n'ont pas permis d'établir que le tabagisme est une forme de toxicomanie. Cependant, là aussi les documents secrets tiennent un tout autre langage.
Dès l'automne 1969, des chercheurs des laboratoires de Philip Morris ont informé la Direction du potentiel de toxicomanie que représentait la cigarette. "Pourquoi les gens fument-ils ? ... Nous devons poser cette question de deux façons. Premièrement : pourquoi se met-on à fumer ? Deuxièmement : pourquoi continue-t-on de fumer ?
Généralement, tout le monde s'accorde sur la réponse à donner à la première question. Les jeunes de 16 à 20 ans commencent à fumer pour des raisons psychologiques. Fumer est un acte symbolique qui signifie que l'on est adulte, les jeunes fument pour accroître leur prestige auprès de leurs contemporains. Mais ces raisons psychologiques ne suffisent pas pour expliquer la poursuite du tabagisme. Un autre motif vient les relayer et fait du tabagisme une activité louable en tant que telle. Bien longtemps après qu'un jeune a réglé ce problème de l'image de soi, la cigarette est, même dans le temps difficiles, plus importante pour les fumeurs que leur nourriture. On peut se demander alors : pourquoi ? ... Nous sommes convaincus ... que la dernière explication de cette dépendance tabagique persistante est l'effet pharmacologique de la fumée (du tabac) sur l'organisme des fumeurs ; cet effet est d'autant plus grand que l'individu est stressé".
Au cours des années suivantes, les chercheurs des laboratoires Philip Morris se sont penchés sur la nicotine. En 1980, ils ont pu prouver que la nicotine était bien la substance recherchée qui déclenchait l'accoutumance. Philip Morris parvint à cette conclusion bien longtemps avant les autres groupes de chercheurs.
La cigarette est le seul produit librement disponible sur le marché qui cause la mort prématurée de la moitié de ses consommateurs et consommatrices, si ces derniers l'utilisent selon les instructions des fabricants. Sur 1000 personnes qui commencent à fumer à l'adolescence et continuent toute leur vie, 250 meurent suite à des maladies liées au tabagisme, avant d'avoir atteint leur 70ème année et 250 après.

LA GUERRE DES INDUSTRIELS DU TABAC CONTRE LA SANTE PUBLIQUE :
L'industrie du tabac a déclaré la guerre à la santé publique. La cigarette est le seul produit de consommation qui, utilisé en suivant les indications, peut entraîner la mort. Le tabac engendre une forte dépendance et l'industrie du tabac a fait fi des règles scientifiques et politiques et de la santé publique pour vendre un produit nocif qui rend le consommateur dépendant, peut-être avant de le tuer. Les données disponibles montrent que les deux tiers des fumeurs actuels ont commencé à fumer au cours de l'adolescence. La cigarette n'est pas un rouleau anodin de tabac hâché enveloppé dans un petit cylindre de papier mais un produit sophistiqué conçu pour engendrer la dépendance et peut-être pour tuer.
"Les fabricants privilégient le segment goudron et nicotine à faible taux de particules pour lancer des marques... qui visent, d'une manière ou d'une autre, à tranquilliser le consommateur, persuadé de fumer un produit plus "sain" que la cigarette traditionnelle".
CE QU'EN DIT L'INDUSTRIE DU TABAC :
Des mensonges et encore des mensonges :

Un des objectifs premiers de l'industrie du tabac est de faire apparaître la décision de fumer comme une décision individuelle, un acte totalement libre, sans lien aucun avec les pratiques et activités promotionnelles. On veut faire croire que la décision de fumer est prise dans une sorte de cage de verre sans influence du milieu extérieur, et notamment de la publicité et de la commercialisation.
"Chaque année les sociétés du tabac dépensent US$ 6 milliards pour embrigader les jeunes dans le clan des fumeurs. Elles cherchent à faire croire que fumer est valorisant, attirant, moderne, viril ou encore "sexy" et "cool". Cette image est exposée dans tous les médias - au cinéma, dans les magazines et même dans les bandes dessinées"
"Pour assurer une croissance accrue et à plus long terme de la Camel filtre, il faut améliorer la part de marché auprès des 14-24 ans qui ont des valeurs plus libérales et représentent la clientèle de demain"
"Si vous croyez encore que l'industrie se contente de comprimer du tabac dans des petits cylindres en papier, sans doser savamment l'apport en nicotine, alors que faut-il penser de l'affirmation de ce spécialiste scientifique travaillant pour une société du tabac, récemment découverte dans un document caché depuis longtemps? En 1972, il disait en effet ceci : 'La cigarette ne doit pas être considérée comme un produit, mais comme un emballage. Le produit, c'est la nicotine. Le paquet de cigarettes, c'est le support dans lequel on place la dose quotidienne de nicotine. La cigarette, c'est le moyen de fournir une dose unitaire de nicotine. La bouffée de cigarette est le moyen de transmettre la nicotine'".
ABATTRE LE RIDEAU DE FER TABAGIQUE :

L'instrument fondamental de l'extension a été une politique de commercialisation agressive et de matraquage publicitaire ainsi que l'édification d'un véritable "rideau de fer" tabagique. Au Sri Lanka ou au Mexique, on ignore les lois de l'Union européenne, les amendes énormes infligées aux sociétés du tabac par les tribunaux américains, les interdictions diverses, etc. Par ailleurs, la commercialisation libre auprès des jeunes et des femmes des pays en développement et des pays développés en transition (sous forme de discos ou de concours parrainés par des cigarettiers) n'a pas été suffisamment dénoncée. Pour abattre ce rideau de fer et renforcer l'appui mondial en faveur de la convention-cadre, l'OMS a lancé l'initiative "Le tabac tue. Ne soyez pas dupes !" dans les médias.
Cette nouvelle initiative visera systématiquement à remodeler la perception du problème du tabac par le public en donnant à la communauté sanitaire et politique les moyens nécessaires pour commencer à mettre en lumière et à combattre les énormes ressources et les tactiques frauduleuses des transnationales du tabac.
"Bien évidemment, tous ces pays offrent un potentiel énorme. Je dirai même que la demande de cigarettes occidentales est insatiable. Il s'agit d'une occasion formidable pour tout le monde et nous intervenons dans un maximum de pays." de Stuart Watterton, Directeur des nouveaux marchés à BAT à propos des nouvelles occasions offertes par l'Europe orientale et l'ancienne Union soviétique, 1995
"Ce sont de bons marchés de réserve - même en cas de gros coup dur aux Etats-Unis, les ventes internationales garantiront le succès." de Allan Kaplan, analyste chargé du tabac à Merrill Lynch & Co à propos de Phillip Morris, 1997
"Je ne crois pas que la nicotine engendre la dépendance."
de Thomas Sandefur, PDG de Brown & Williamson
"J'estime que la nicotine n'engendre pas la dépendance."
de William Campbell, Philip Morris
"Je suis également d'avis que la nicotine n'engendre pas la dépendance."
de James Johnston, R. J. Reynolds
Voilà ce que les PDG déclaraient sous serment devant le Sous-Comité du Congrès à la Santé et à l'Environnement en 1994
"La nicotine est toxicomanogène. Ce que nous faisons donc, c'est vendre de la nicotine, une drogue toxicomanogène."
de Addison Yeaman, Brown & Williamson, 1963
"Fumer une cigarette pour la première fois est un acte symbolique. Je ne suis plus dans les jupes de ma mère, je suis dur, j'aime l'aventure, je suis libéré ... Et lorsque l'argument psychologique s'estompe, l'effet pharmacologique prend le relais ..."
du Vice-Président de Philip Morris chargé de la recherche et développement, "Why One Smokes", première version, 1969
Autre site d'information :

www.oxygeneve.ch
www.stoptabac.com
www.tabac-info.net
www.bag.admin.ch
www.sfa-ispa.ch
www.wellshop.ch
www.cnct.org
www.hug-ge.ch/tabac
www.hug-ge.ch/abussubstances
www.letitbe.ch
www.rosenwald.com
Notre nouveau service :
www.info-chir-esthetique.ch
Aide à l'arrêt du tabac :
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